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Avec des frites, la bonne vierge bien juteuse ?








Entre prérequis et fantasme, la virginité féminine aurait-elle trop d'importance aux yeux des hommes ?

Origine et motivation affichée de la fétichisation de la virginité

           Ce sont les grecs de l'Antiquité qui ont inventé le fétichisme de la virginité. La perte de la virginité était illustrée par le déchirement de l'hymen. À l'époque, il y avait une connaissance assez peu précise de ce qu'était l'hymen, et cette dénomination était parfois utilisée pour définir le vagin entier. Lors du mariage, la jeune femme vierge était conduite à son mari qui déchirait son hymen. Cela signifiait le basculement de la vie de la jeune fille à sa nouvelle vie de femme qui induisait d’ailleurs directement une vie de mère. Dans l'Antiquité grecque, la fétichisation de la virginité était motivée par le besoin masculin d'être certain de la filiation des enfants : il s'agissait d'authentifier leur descendance afin de perpétuer leur lignée et transmettre leur nom, leur biens et leurs pouvoirs. La motivation fut la même pour les Hébreux qui comparaient la femme vierge à "un jardin verrouillé" (Cantique des Cantiques, 4, 12).


Motivations et justifications véritables

           Mais le désir d'authentification de la descendance était en fait la justification moralement acceptable pour cette fétichisation de la virginité. D'après la mythologie et les mœurs de l'époque, il semblerait surtout que cela réponde directement à un fantasme de domination physique et sexuelle de l'homme sur la femme. À Athènes le jeune marié était âgé d'environ 30 ans quand il épousait sa femme, qui n'avait alors que 15 ou 16 ans. Lorsque l'homme déflore la jeune femme, on retrouve cet éternel rôle de conquérant : il prend ce à quoi personne d'autre n'a jamais eu accès, il va là où personne n'est jamais allé. Dans le mythe des Amazones, Antiope tombe sous le charme de Thésée qui, une fois qu'il a obtenu d'elle ce qui la rendait désirable au dessus de toute autre : son pucelage, la ramène en Grèce comme un trophée puis s'en débarrasse sans ménagement au profit de Phèdre. C'est bien là que réside tout le plaisir : l'exclusivité fait que l'homme se sent valorisé car cela répond à son besoin de posséder ce que personne d'autre n'a jamais détenu auparavant et ne détiendra jamais. Par ailleurs, l'homme intervient à chaque nouvel état de la femme. C'est lui qui la dépucelle : il est donc à l'origine de la transformation de la jeune fille en femme. Et c'est lui qui la met enceinte : il est donc à l'origine de la transformation de la femme en mère. En définitive, l'homme a un âge supérieur, il détient l'exclusivité en pénétrant la jeune femme pour la première fois et en plus il fait bien souvent saigner cette dernière lorsqu'il jouit de cette exclusivité. Cela prouve que la fétichisation de la virginité traduit un fantasme masculin de domination et de pouvoir sur la femme. Et puis de toute façon, comme le disaient Hippocrate et certains autres hommes de science : le corps de la femme est inférieur, il n'est là que pour enfanter et ainsi assurer une descendance aux hommes. Il est donc bien naturel qu'il revienne à ces derniers d'exercer sur elles, leur domination.


Quand les religions s'emparent de la fétichisation de la virginité

           L'extrême importance de la virginité a ensuite été reprise par les religions monothéistes. Le Judaïsme motive cela par ce fameux besoin d'être sûr de la filiation de la progéniture. Mais cette fois dans le but d'être certain de la pureté de la descendance. Le Christianisme rend la virginité non plus seulement importante aux yeux des hommes mais aussi aux yeux des femmes en en faisant un symbole de vertu. Et l'Islam ne fait preuve d'aucune hypocrisie puisque cela symbolise simplement la domination de l'homme sur la femme. La virginité ne doit ainsi, dans aucune des 3 religions monothéistes, pas être perdue n'importe comment au risque de déshonorer la famille. Les hommes -père, frère, mari- s'octroient donc le droit de veiller sur le pucelage des filles et étendent même bien souvent cette surveillance au delà du pucelage.


Le symbole de la femme vierge

           La virginité a depuis toujours été associée à un caractère indomptable. Ainsi dans la mythologie grecque, les 2 déesses vierges les plus connues -Athéna et Artémis- ainsi que les Amazones sont :

  • célibataires : les rendant ainsi disponibles pour protéger ce qu'elles sont censées protéger : Artémis protège les jeunes filles -dont les pucelles, Athéna protège Athènes et les autres cités antiques
  • farouches : Athéna repousse hargneusement Héphaïstos qui tente de la violer et Artémis châtie Acéton qui l'a malencontreusement vue alors qu'elle se baignait nue dans la nature : elle le transforme en cerf et il se fait donc dévorer par ses propres chiens de chasse
  • libres et résistantes à la domination : Artémis est une chasseuses et Athéna une guerrière (on retrouve d'ailleurs cette association pucelle/guerrière libre dans d'autres cultures avec Mulan en Chine, Jeanne d'Arc en France ou les Valkyries dans les pays nordiques)
           Toujours dans la mythologie, les pucelles étaient également des icônes sexuelles. En effet, ces femmes guerrières, indomptables et surtout insoumises -ce qui travail déjà le besoin d'exclusivité des hommes- sont en plus extrêmement désirables physiquement : Artémis est une jeune fille sportive affublée de vêtements courts et la tenue de guerrière d'Athéna excite tellement Héphaïstos qu'il est incapable de se contenir quand il l'aperçoit, si bien qu'il bande instantanément et joui sur le genou de la déesse.


Transposition à notre époque

           À notre époque, cette fétichisation a toujours cours. Ainsi l'image de la vierge sexy véhiculée par le fantasme de la pucelle guerrière bandante a été soit reprise par les jeux vidéo soit substituées par le fantasme de l'écolière cochonne attifée d'une jupe plissée et de couettes. Mais, avec la révolution sexuelle et le droit que les femmes acquièrent doucement à disposer de leur corps, cette application du mythe phallocratique se manifeste tout de même plus ou moins différemment.

           Certains musulmans, pratiquent le rituel du Tasfih qui est censé protéger de manière surnaturelle la virginité de la jeune fille en supprimant ses capacités sexuelles, rendant son dépucelage impossible. Ce rituel consiste à inciser le genou de la jeune fille en prononçant les paroles inaugurales « bismillah er’rahmen errahim » (au nom de Dieu le miséricordieux). Le nombre d'incision doit être impair (trois, cinq ou sept) et pour chacune d’elle, l’opératrice -une femme proche : mère ou tante- imbibe un raisin sec ou un morceau de sucre du sang coulant de l’entaille. La jeune fille doit alors prononcer la formule « Je suis un mur, il est un fil ». La mère conserve ensuite les raisins ou le sucre ensanglantés jusqu’au mariage de la jeune fille. Un peu avant le mariage, pour annuler les effets du tasfih, la jeune mariée doit consommer les raisins ou le sucre qui ont été conservés en énonçant la formule inverse. De nos jours, ce rituel se pratique un peu moins mais il est par contre très courant de demander à un médecin d'établir un certificat de virginité pour la future mariée. L'excellent film Mustang de Deniz Gamze Ergüven met très bien en exergue la fétichisation de la virginité dans la religion musulmane et la culture arabe.

           En France ce fantasme a été poussé à l'extrême par Michel Fourniret qui s'est pris pour Thésée d'une façon bien plus macabre, puisque son besoin de domination sexuelle l'a conduit à violer des jeunes filles pour leur prendre leur pucelage puis à les tuer et s'en débarrasser tel des déchets. Dans ce cas la loi a réagi mais elle a curieusement été plus conciliante lors de l'épisode du marié de Lille de 2006. L'homme de 23 ans a épousé une jeune femme qui devait être vierge. Lorsqu'au cours de la nuit de noce il s'est rendu compte que ce n'était pas le cas, il a demandé l'annulation du mariage... Et a obtenu gain de cause en 2008, le tribunal jugeant que la jeune épouse ne remplissait pas la "qualité essentielle" d'être vierge, un prérequis exigé par le mari.

           En avril 2017, une roumaine de 18 ans a décidé de vendre son pucelage aux enchères sur un site d'escort-girls allemand. Sa virginité a été achetée par un riche homme d'affaire chinois pour 2,3 millions d'euros. Cet exemple a depuis été suivi par d'autres jeunes filles, désireuses d'utiliser la faiblesse masculine face à ce fantasme de domination sexuelle, pour leur soutirer de l'argent. Certains diront que ces jeunes filles sont de petite vertu, moi je trouve qu'elles font preuve d'intelligence.

           Aux USA, le puritanisme imposé par l'emprise du christianisme est en totale contradiction avec les mœurs délurées du show-business. Alors qu'on ne compte plus le nombre de clips où la nudité et l'instrumentalisation des femmes ne choque plus personne, la virginité continue d'être érigée en vertu à conserver absolument jusqu'au mariage. Ainsi les jeunes -surtout des femmes- portent des bagues de pureté, la discussion autour de la contraception reste un vif débat et les films continuent à véhiculer l'idée que perdre sa virginité "n'importe" comment est un déshonneur. L'autre excellent film -qui a certainement inspiré Mustang- Virgin Suicides de Sofia Coppola en dépeint un tableau tragique.

           À notre époque le souci de filiation n'est donc clairement plus la "partie émergée de l'iceberg", il s'agit simplement encore et toujours pour les hommes d'assouvir ce fantasme de domination sexuelle. L'importance accordée au pucelage des femmes n'a donc pas diminué, elle se justifie et se manifeste simplement différemment. Et elle est telle que, pour conserver -ou faire semblant de conserver- leur virginité, les femmes ont recourt à des subterfuges. Ainsi, l'hyménoplastie est une chirurgie en plein expansion. Elle consiste à recréer l'hymen de la patiente, l'occasion pour elle de recouvrer sa virginité qui, si elle n'est pas effective, le sera au moins physiquement et symboliquement. Ou encore, dans le but de partager le bonheur de la proximité engendrée par une relation sexuelle et dans la conception hypocrite que la sodomie ce n'est pas vraiment faire l'amour, certaines jeunes femmes, désireuses ou contraintes de maintenir leur hymen intact, font le choix de s'adonner à la pénétration anale.


           Vous aurez remarqué mon intention de ne jamais employer pureté ou innocence pour parler de la virginité, quitte à faire de nombreuses répétitions. En effet, je trouve que ces termes donnent une image trop négative de la femme une fois qu'elle a été déflorée. Comme si nous étions ensuite à jamais souillées. Un petit détail à ce sujet : si vous voyez les choses ainsi, je vous rappelle que ce qui nous souille, c'est votre pénis messieurs... Ce qui fait des vous des êtres impurs depuis la naissance...



           Sources : The Conversation, Education et socialisation, Psychologies, Le Monde, Féminin masculin culture et Le Point

 

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