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Dérive sensuelle

 
 

          Les yeux fermés, la main sur sa nuque, je savoure son baiser. Probablement le dernier avant bien longtemps. La peau de son cou, douce comme une pièce de velours sous mes doigts, électrise mes sens. La tête vide, chaque idée suspendue à ce langoureux baiser, seules mes sensations contrôlent l'intégralité de mon être. Sa langue, tendre contre la mienne, ses lèvres douces et humides, son souffle chaud sur ma joue... Tandis qu'aucune pensée ne vient troubler cet instant parfait, chacun de mes sens est en éveil. Pressé par le temps, il coupe ce lien érotique que nous tissons depuis quelques heures maintenant. L'air désolé il me dit qu'il doit s'en aller. Soit, vas-t-en. Je ne le regarde pas s'éloigner, je préfère garder, comme dernier souvenir de lui, le feu de sa prunelle et la tiédeur de ses mains sur mon visage. Je referme la porte et m'y adosse. Mes jambes ne me tiennent plus, je m'écroule dans le vestibule. Les fesses posées sur le carrelage froid, les jambes repliées, je pose ma tête au creux de mes bras, appuyés sur le dessus de mes genoux. Que m'arrive-t-il ? Je me sens houleuse, mon corps flotte, mes jambes sont en coton, mes idées se bousculent... Je prends quelques minutes pour me ressaisir. Je ferme les yeux. La tête proche de mon sexe, je hume l'effluve de mon désir. L'odeur m’enivre et submerge mon cerveau de souvenirs. Ce sont déjà des souvenirs... Je suis ridicule, assise par terre dans l'entrée, contre cette porte. J'ai froid. Mon sexe me brûle. Je rassemble toute mon énergie et me relève. J’arpente le couloir qui mène à ma chambre comme un zombie, me libérant de mes vêtements un à un dans des gestes mécaniques. Sur le seuil de ma chambre, je me retourne et contemple le sol, jonché de mes habits, seulement MES habits. Je pénètre dans la petite pièce chaleureuse en me débarrassant de ma culotte et m'étends sur mon lit. Son odeur me chatouille le nez et remue le désir qui bouillonne dans mon ventre. Son odeur de propre et de sauge, l'odeur de son sexe, l'odeur de mon sexe... Étendue là, je regarde le plafond. Je le regarde sans le voir. Les yeux humides, je suis perdue dans le souvenir d'il y a à peine quelques minutes. Je tourne la tête et regarde la mer par la fenêtre. Le satin sur ma joue me rappelle la douceur de sa main, ce moment où ses paumes étreignaient délicatement mon visage, comme s'il voulait me serrer contre lui en maîtrisant ses gestes, par peur de me casser. Émue, une larme roule au coin de mon œil et tombe sur le drap blanc. Une larme. Puis une deuxième... J'ai encore froid. Froid dehors mais chaud dedans, un peu comme le flot d'émotions qui me traversent en ce moment : un tourbillon de contradictions.

          Les minutes passent et je ne bouge pas. Mes membres sont lourds. Le désir est devenu un poids qui me cloue à ce lit. J'ai du mal à respirer, je replace ma tête droite et regarde à nouveau le plafond, avant de fermer les yeux. Je me concentre pour respirer correctement. Après plusieurs efforts, je reprends possession de mon corps et de mes idées. Instinctivement et avec une légèreté toute nouvelle, j'approche ma main de mon sein. J'en effleure le téton du bout de l'index. L'humidité point déjà à mes lèvres. Il a rendu mon désir si fertile... Lentement le reste de mes doigts rejoint mon index. Je caresse délicatement mon sein, savourant la douceur de ma paume, refermée sur mon mamelon sensible et dur. Ma respiration s'accélère... De mon autre main, je frôle mon ventre. Puis mon autre sein... En remontant vers ma bouche. Comme je le voudrais encore dans ma bouche... Instinctivement j'écrase la pulpe de mon doigt sur ma langue. Les lèvres entrouvertes, je halète. Je halète comme s'il était au-dessus de moi à m'honorer et me remplir de son corps sublime. Il n'est pas là mais mes sens semblent ne pas le savoir. Je halète... Et je fais courir mon doigt, humide de salive, sur mes lèvres. C'est chaud, c'est doux... Je promène mon doigt sur ma lèvre inférieure. Et je frissonne quand ce doigt humide vient titiller mon autre téton tendu. La caresse est exquise... Une main sur chaque sein, ma langue parcourant mes lèvres comme elle parcourait les siennes il y a encore quelques minutes, je ne peux refréner mon corps qui se met à onduler...

          Et mon esprit décide de se joindre à la joie de mes sens. Il me repasse devant les yeux les moments les plus érotiques de ces quelques heures que nous venons de partager. Mon sexe ruisselle, je trempe le drap. Le fourmillement de mon corps décuple l'effet de chacune de mes caresses. Je redescends une main sur ma cuisse et invente de nouveaux sentiers pour torturer mes sens. Avec précaution, je chatouille l'intérieur de mes cuisses, le bas de mon ventre, l'extérieur de mes lèvres, en évitant soigneusement la zone humide et bouillante... Je me livre une lutte implacable, avançant le sexe à chaque fois que mes doigts s'en approchent et m'évertuant à ne pas satisfaire mon avidité. Je suce goulûment le majeur de mon autre main. J'insère mon doigt le plus loin que je peux dans ma bouche. Puis je le lèche avec volupté. Et le suce à nouveau... avant de répandre ma salive sur mon corps énervé. Mon sang palpite dans mes veines... Chaque contact de mon doigt, humide et froid sur mon corps, laisse comme une traînée brûlante et douloureuse. Je le désire. Je le veux. Il me manque. J'ai mal.

          Je revois ses yeux, d'un bleu océan, plongés dans les miens alors qu'il m'embrasse. Il est comme moi. Il est avide. Si avide qu'il ne ferme pas les yeux pour ne pas perdre une miette du spectacle qui se déroule devant lui. Son corps, incandescent, contamine son désir au mien. Il se frotte. Je me frotte, les doigts coincés entre les lèvres je me frotte tout en continuant de sucer les doigts de mon autre main avec délice. Je replonge dans mon souvenir. Je dérive avec lui, ondoyant sur notre mer d'envies. Avec gourmandise, je descends jusqu'à son sexe en semant de légers baisers sur mon chemin. J'embrasse sa mâchoire. Je lèche sa clavicule. Je suce un téton. Je tire sur la toison de son ventre... Les doigts soudés à mon sexe, je remue frénétiquement pour éteindre le feu de mon désir... L'éteindre après l'avoir attisé, alimenté et propagé. Je referme ma main sur mon sein. Je le presse... Je le pétris... Et, émerveillée par le spectacle qui se déroule devant mes yeux, je lèche ma lèvre supérieure. Il est excité ! Son sexe a répandu sur son ventre quelques gouttes lubrifiantes... Assoiffée de lui, je lèche son ventre mouillé, son sexe reposant contre ma joue. Il respire fort, j'ai le souffle court. Je ne tiens plus, je vais exploser... Je le sens, ça vient ! Le plaisir chasse l'envie... Il m'enivre... Je le prends... Je gémis... Je le suce... Je frotte plus fort... Je l'avale... Je jouis...

 

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