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L'Amant

  • Date de sortie : 22 janvier 1992
  • Durée : 1H52
  • Nationalités : film britanique, français, vietnamien
  • Réalisateur : Jean-Jacques Annaud
  • Acteurs principaux : Jane March, Tony Leung Ka Fai
  • Genres : Romance, Drame, Érotique
  • L'Amant sur Allociné

Synopsis


          Lors de sa traversée du Mékong, une jeune fille de 15 ans et demi, qui rentre de vacances houleuses avec sa famille, rencontre un homme chinois riche. Sur le trajet qui les conduit à Saïgon, ils font brièvement connaissance avant de se retrouver par la suite tous les jours dans la garçonnière du chinois. Ces entrevues, d'abord uniquement charnelles puisqu'il initie la jeune fille aux plaisirs de la chair pendant des après-midi complètes, vont être de plus en plus tendues, entre l'amour affiché du chinois envers la jeune fille -alors qu'il est promis à une autre par un mariage arrangé par son père- et l'attrait de cette dernière pour son argent -principalement motivé par sa famille. La relation bascule alors dans une sorte de prostitution tacite avant que la jeune fille et sa famille ne repartent pour la France. Mais finalement, la jeune fille n'était-elle vraiment motivée que par l'argent ?



Mon avis


          Pour placer le contexte, il est important de rappeler que ce film est une adaptation éponyme du roman de Marguerite Duras publié en 1984. Dans cette autofiction, l'écrivain retrace son enfance en Indochine et traite notamment de ses relations difficiles avec sa mère et de la grande affection qu'elle portait à l'un de ses deux frères. Mais bien qu'également centraux dans le film, ces éléments servent avant tout à faire progresser l'intrigue qui est axée surtout autour de sa relation avec le riche chinois qu'elle a rencontré sur le bac qui traverse le Mékong pour la ramener à Saïgon.

          Bien-entendu, comme pour L'Empire des sens, mon attrait d'européenne pour les cultures asiatiques m'a fait adorer le film pour son exotisme. Ainsi, bien que cet élément ne soit pas particulièrement mis en avant sur le plan visuel, j'ai aimé l'immersion dans l'Indochine des années 30, les chapeaux chinois, la mousson, etc. Les films, contrairement aux livres, laissent moins de place à l'imagination et pour cette raison j'apprécie qu'ils soient esthétiquement beaux ou intéressants. Et ce défit est largement relevé par L'Amant. Outre le décor asiatique, et c'est aussi ce que j'apprécie dans le cinéma érotique, les protagonistes sont mis en valeur avec naturel. On voit les personnages dans des instants authentiques, et cette authenticité n'est pas perturbée par une surcharge -que ce soit au niveau du décor ou du maquillage. En un mot, j'apprécie la beauté simple de chaque image et qui correspond parfaitement bien à l'histoire relatée.

          Et d'ailleurs, cette simplicité, couplée au fait que les deux protagonistes ne sont jamais nommés, nous permet de facilement nous identifier aux personnages. Et c'est une sensation merveilleuse lorsqu'on arrive aux scènes de sexe qui, regardées via le prisme de l'érotisme, peuvent facilement mettre en émoi. Et ainsi les personnages ne sont plus les seuls à vivre cet émoi, nous le vivons avec eux et, comme pris dans un cercle vertueux, cela nous fait trouver chaque scène plus belle et plus chargée d'érotisme.

          Concernant l'histoire par contre, les enjeux me dépassent. Cela me dépasse que la jeune fille ne tente pas de cacher mieux la relation qu'elle vit avec cet homme. De prime abord, on voit son vague attrait pour sa richesse mais au début il n'est pour elle question que de sexe. Elle veut y être initiée et en savourer les plaisirs encore et encore, sans contrepartie. Si elle avait été plus discrète, la relation aurait-elle tout de même basculé vers la prostitution ? Le chinois, après deux rencontres craint déjà de l'aimer, cela laisse évidemment mon âme de guimauve fleur bleue transpirante de romantisme totalement rêveuse, mais en réalité, il faut être bien superficiel pour tomber amoureux d'une personne qu'on ne connaît pas. Quant à la mère de la jeune fille, son hypocrisie me dépasse. Elle est ravie de recevoir l'argent du chinois, à tel point qu'elle s'arrange avec l'école pour laisser sa fille profiter du pensionnat comme d'un hôtel, la laissant libre le soir. Mais elle s'offusque d'imaginer que l'argent provient probablement de services sexuels que sa fille rend à ce fameux chinois.

          Si les enjeux me dépassent, je ne les trouve pas moins intéressants. Tout comme la jeune fille, je suis surprise de la facilité avec laquelle elle brave les interdits : elle fait l'amour avec un chinois alors qu'ils ne sont pas censés se mélanger, elle le fait alors qu'elle n'a que 15 ans et demi (et lui 32), et elle fini calmement par monnayer ces relations sexuelles. Je m'interroge également sur ce qui peut bien motiver son hypothèse que toutes les femmes souhaitent secrètement aller avec n'importe quel homme et leur offrir leur corps. Je suis révoltée de l'amour que la mère témoigne à son fil aîné qui est une personne affreuse, qui fume trop d'opium, vole et est violent, au détriment de ses deux autres enfants. Je suis triste pour le deuxième frère qui subit tout ce qui se passe dans cette foutue maison. Et je me rassure en constatant que comme tout un chacun, la jeune fille a du mal à définir et comprendre ses sentiments, ou seulement lorsque c'est trop tard...



Mon passage préféré


          La jeune fille vient d'arroser les bonsaïs mourants et se remet au lit près de l'homme chinois. À voir sa peau perlant de sueur on imagine la moiteur de l'atmosphère. Elle s'installe à côté de l'homme et l'embrasse. On n'aperçoit plus la jeune fille avec ses nattes maintenues par un ruban noué, on découvre la femme, sexuelle et sensuelle avec ses cheveux ébouriffés, venant chercher la jouissance. Les lèvres démaquillées, puisqu'elle n'a plus besoin de rouge pour ressembler à une femme, elle sème des baisers avides sur le visage, le cou et les lèvres de son amant. Sûre d'elle, elle vient éveiller le désir de l'homme avec sa langue qu'elle insinue entre ses lèvres, elle le caresse avant de s'installer sur lui et lui faire l'amour. Le rythme est lent mais intense, comme la musique qui ponctue faiblement l'entreprise de la jeune femme. La narratrice, commente d'une voix suave, elle parle de leurs rencontres quotidiennes. Doucement la jeune femme bouge, contractant ses fesses rondes et rebondies entre les mains du chinois. Puis elle s'assoit sur lui et le chevauche dans les bruits de la ville Vietnamienne qui vit, immédiatement derrière la porte de la garçonnière. La musique augmente en volume et en intensité à mesure que les personnages s'abandonnent à leur étreinte. Le chinois se redresse pour prendre les commandes, les soupirs se mêlent à la musique, il retourne la jeune femme et le reste des ébats n'est plus vu que par une succession de gros plans ponctués de soupirs, de gémissements et d'une musique toujours plus intense et envoûtante. Ce ne sont plus deux personnes qui font l'amour, ce sont des mains pressées sur des fesses transpirantes qui bougent à l'unisson avec le bassin qui reçoit chaque mouvement, ce sont des lèvres entrouvertes qui ne maîtrisent plus le moindre son qui sort d'entre elles, c'est un ventre ruisselant de sueur qui remue et vient à la rencontre du ventre au dessus de lui, c'est un grain de peau, moite et frissonnant...






 

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