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L'Empire des sens

  • Date de sortie : 1976
  • Durée : 1H45
  • Nationalité : film franco-japonais
  • Réalisateur : Nagisa Oshima
  • Acteurs principaux : Eiko Matsuda, Tatsuya Fuji, Aoi Nakajima, Yasuko Matsui
  • Genres : Drame, Érotique
  • L'Empire des sens sur Allociné

Synopsis


          Nous sommes en 1936, Sada Abe est une ancienne prostituée. Au cœur des quartier bourgeois de Tokyo, au Japon, elle rentre comme domestique dans la maison de Kichizo Ishida (Kitisan dans la version française du film) pour rembourser la dette de son compagnon. Mais elle se laisse bien vite entreprendre par son patron qui, bien que marié, l'entraîne dans des jeux érotiques de plus en plus dangereux. De nature éréthistique (c'est ce qu'elle précise à Kichizo), elle vivra avec lui une passion plus que dévorante. Cette histoire est inspirée d'un fait divers macabre populaire au Japon et dont je ne vous dévoilerai pas la fin ;)



Mon avis


          J'ai vu ce film deux fois et je vous avoue que je le trouve tellement whatthefuckesque que je ne sais pas vraiment quoi en dire ; il est vrai qu'il est parfois compliqué pour les occidentaux de comprendre les films japonais, probablement à cause de nos cultures si différentes. Je ne prendrai donc pas le risque de critiquer ce film sans avoir les données culturelles nécessaires pour le faire.

          Disons donc que, de manière générale, bien qu'un tantinet longuet, tant les scènes sont un peu répétitives, j'ai apprécié l'aspect réaliste des actions, par opposition au côté totalement surréaliste de la passion que les protagonistes -surtout Sada- éprouvent. En effet les scènes de sexe sont connues pour être non simulées, notamment le passage où Sada fait une fellation à Kichizo jusqu'à ce qu'il jouisse dans sa bouche. Certains aspects de l'histoire manquent de clarté, notamment lorsqu'il est question d'un mariage entre Sada et Kichizo -était-ce une simulation, un jeu ?- ou encore quand Sada va rendre visite à un de ses clients de sa vie d'avant pour gagner de l'argent et qu'elle souhaite s'enfuir avec lui. J'ai malgré tout été subjuguée par le contraste dans la façon dont les deux personnages centraux vivent leur passion. Kichizo est calme, patient, on a l'impression qu'il sait parfaitement comment tout cela va se terminer et c'est comme s'il avait la sérénité des mourants. Sada, elle, est emportée et même menaçante. La passion est apaisante pour l'un et dévorante pour l'autre et on comprend tout à fait la version française du titre puisque cette passion les conduira à expérimenter les pratiques sexuelles les plus dangereuses dans leur inaltérable quête de stimulation sensorielle.

          Mon regard d'occidentale a pour finir été conquis par la représentation du Japon d'autrefois et les somptueux kimonos de Sada.



Mon passage préféré


          Ce film étant entièrement plutôt particulier, aucun passage ne m'a marquée plus que les autres. J'ai donc choisi de vous relater une scène tout à fait au hasard, pour vous plonger malgré tout dans cette ambiance si spéciale.

          Afin de ramener de l'argent, Sada est en train de se préparer pour retrouver son client quand une domestique vient leur servir du saké. En entrant, cette dernière est surprise de ne pas trouver Sada occupée à sucer Kichizo et souligne que ces démonstrations impudiques gênent les servantes. Amusé et malgré tout toujours en proie à ses désirs, Kichizo, ébloui par la beauté grandissante de Sada, renverse sa belle pour la prendre sur le champ malgré la présence de la domestique. Indignée, cette dernière sort de la chambre, non sans leur jeter un dernier regard -de convoitise ? Alors que Kichizo besogne la belle Sada dans des mouvement plutôt lents, profonds et langoureux, et que cette dernière se pâme de plaisir, ils se témoignent l'un l'autre leur jalousie quant aux rencontres charnelles qu'ils feront, certainement pour Sada et éventuellement pour Kichizo.






 

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2 Comments

  1. antoine dit :

    Ce n’est pas toujours simple en effet de « pénétrer » l’univers de certains films japonais. Celui ci a été un choc pour toute une génération de cinéphiles lors de sa sortie et il est vrai qu’aujourd’hui il fait un peu daté. Sans doute pour cela votre avis un peu mitigé. Quant au titre français à part peut etre une référence au livre de Roland Barthes intitulé l’empire des signes consacré au Japon et sorti en 1970, il est loin de refleter le titre original Ai no Corida… La corida de l’amour… qui me semble plus proche de la passion dévorante et destructrice qui habite les deux personnages…
    Bon courage pour la suite de vos publications érotiques

    • plume dit :

      Bonjour Sexhightech !
      Et merci pour votre commentaire 🙂
      Il fait effectivement un peu daté, mais j’imagine qu’avec la sortie de la version restaurée en 4K cette impression sera tout de même un peu estompée !
      Par contre, je ne vous rejoins pas concernant le titre, je le trouve parfaitement approprié, peut-être même plus que le titre originel puisque, dans le film, à aucun moment il n’est question d’amour (qu’il ne faut pas confondre avec la passion). Dans ce titre français, « empire » est employé pour signifier l’influence absolue, l’ascendant ; il relate donc l’influence absolue qu’ont les plaisirs de la chair dans la vie des personnages, et c’est bien ce qui les mènera à ce destin.
      Au plaisir de pouvoir converser avec vous 🙂