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Les Onze mille verges




          "Ses mains à elle n'étaient pas inactives ; elles avaient empoigné la pine du prince et l'avaient dirigée dans le sentier étroit de Sodome. Alexine se penchait de façon à ce que son cul ressortît mieux et pour faciliter l'entrée à la bite de Mony.
          Bientôt le gland fut dedans, le reste suivit et les couilles venaient battre au bas des fesses de la jeune femme. Culculine qui s'embêtait se mit aussi sur le lit et lécha le con d'Alexine qui, fêtée des deux côtés, jouissait à en pleurer. Son corps secoué par la volupté se tordait comme si elle souffrait. Il s'échappait de sa gorge des râles voluptueux."

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Présentation


          Les Onze mille verges est un très grand classique de la littérature érotique publié en 1907 avec pour toute signature G.A. Guillaume Apollinaire n'ayant jamais reconnu être l'auteur de ce récit pour le moins scabreux, le doute à longtemps plané quant à la paternité de l'oeuvre, qui est tout de même désormais avérée.

          Les pratiques sexuelles abordées avec éclectisme laissent penser qu'Apollinaire a voulu basculer du côté du marquis de Sade, voire même le dépasser. Le degré de perversion du récit est ainsi très élevé puisqu'on y retrouve dépeinte, dans des termes bien souvent graveleux, la plupart des penchants et pratiques sexuels, des plus excitants aux plus étonnants.



Résumé


          Mony Vibescu, Hospodar héréditaire préférant se faire appeler prince, fantasme sur les parisiennes depuis Bucarest où il vit. Tandis qu'il fornique dès que l'occasion se présente, et notamment avec le vice-consul de Serbie, il décide de donner vie à son fantasme et part pour Paris, à la rencontre des françaises, réputées pour leur cuisse légère. Il en rencontrera une notamment à qui il promettra "Si je vous tenais dans mon lit, vingt fois de suite je vous prouverais ma passion. Que les onze mille vierges ou même onze mille verges me châtient si je mens !". Nous suivons donc Mony dans ses pérégrinations, entre Bucarest, Paris et le Japon en espérant qu'il parviendra à tenir sa promesse...



Mon avis


          En faisant quelques recherches sur l'ouvrage et en l'achetant, j'ai vu des commentaires de lecteurs bien divisés. Certains reconnaissent dans cette oeuvre le génie absolu de Guillaume Apollinaire, d'autres s'offusquent des pratiques sexuelles troublantes relatées, sont chagrinés par la maigreur de l'histoire ou le fait qu'il n'y ait aucune morale à en tirer. Mon commentaire rejoindra le premier groupe de lecteurs : ce récit est du pur génie.

          Alors oui, Mony Vibescu explore le sexe par le biais de toutes les pratiques les plus dégoûtantes, gênantes et même carrément choquantes. Ainsi, Les Onze mille verges raconte les aventures d'un homme paraphilie qui -toujours pour reprendre les termes de Apollinaire- se fait volontiers enculer et encule en retour, s'adonne indifféremment à l'ondinisme, la coprophilie, la pédophilie extrême, la sadisme, le voyeurisme, le fétichisme ou encore la nécrophilie, mais qui bizarrement trouve la zoophilie et la gérontophilie repoussants. Sans approche littéraire, il est donc plus difficile, pour un lecteur aux pratiques sexuelles sans déviance, d'apprécier l'oeuvre qui est en définitive un catalogue des paraphilies les plus reconnues et extrêmes.

          Difficile mais pas impossible, je vous disait que ce livre est une oeuvre géniale... Effectivement, les pratiques abordées sont simplement souvent ignobles. La moindre scène de sexe associe la plupart du temps sexe anal, sadisme et événements triviaux (pets, urine, défécation), le lecteur est ainsi émoustillé avec une pratique traditionnelle excitante -pour la plupart des gens- et les parties moins conventionnelles continuent, malgré leur caractère dégoûtant, à bénéficier de l'enthousiasme précédemment induit. Les termes employés par Apollinaire sont très crus -il n'y a ici aucun flou quant aux actions décrites- on visualise le récit plus facilement lorsqu'il s'agit de couilles, de bite, de trou du cul, de nichons, de foutre ou d'enculer et la volupté est atteinte plutôt par la tournure des phrases : les épaules sont délicates, des plumes de paon chatouillent des talons et les femmes jouissent à en pleurer. Ainsi, on retrouve, quelle que soit l'analyse faite du récit, cette ambivalence qui conduit le lecteur à l'excitation malgré l'atmosphère répugnante dans laquelle baigne l'histoire.

          En définitive, Les Onze mille verges est un roman érotique aux portes du pornographique mais qui ne franchit jamais ce seuil grâce au génie littéraire de son auteur. L'histoire -pas si maigre que cela puisque nous sommes ainsi plongés dans la société roumaine et française et la guerre Japon-Russie de 1904-05, lieux et moments dans lesquels le prince Vibescu vit des aventures sexuelles trépidantes- nous subjugue et nous emporte au point qu'il nous est impossible de poser le livre avant d'avoir fini de le lire et, en refermant la quatrième de couverture, on fonce se donner coupablement du plaisir tant on a pu imaginer participer à ces orgies...

 

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