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Nymphomaniac

  • Date de sortie : 2014
  • Durées : volume 1 : 1H58 - volume 2 : 2H04
  • Nationalités : film danois, allemand, français, belge, britannique
  • Réalisateur : Lars von Trier
  • Acteurs principaux : Charlotte Gainsbourg, Shia LaBeouf, Stellan Skarsgård, Christian Slater, Uma Thurman, Willem Dafoe
  • Genres : Drame, Érotique
  • Nymphomaniac volume 1 sur Allociné
  • Nymphomaniac volume 2 sur Allociné

Synopsis


          Joe, une cinquantenaire auto-diagnostiquée nymphomane, trouvée gisante en pleine rue par l’asexuel Seligman, tente de nous convaincre qu'elle est une mauvaise personne en nous racontant son histoire et ses frasques sexuelles. Elle les retrace par chapitres, tous inspirés par le mobilier et la décoration de la chambre bien aimablement mise à sa disposition par le serviable Seligman. Au fil du récit, on découvre comment très tôt elle s'est éveillée à sa propre sexualité, comment à 15 ans elle est allée trouver Jérôme pour qu'il la dépucelle, comment plus tard elle a aimé cet homme et comment cela a causé son malheur. Que Joe, sujette à une simple dépendance à cet acte si naturel qu'est la sexualité, a-t-elle bien pu faire pour en arriver à conclure que cette addiction a fait d'elle une mauvaise personne ?



Mon avis


          J'ai choisi de parler dans un seul article des deux volumes de cette histoire parce que d'après moi ils sont indissociables, l'aventure est incomplète si l'on prend les films séparément. Tout d'abord à cause de la symétrie, le récit s'ouvre et se clos sur le même mode : un écran noir nous donnant l'occasion de nous concentrer uniquement sur les sons produits par les actions qui se déroulent. Ensuite parce que la biographie du personnage principal nous est contée au moyen d'une boucle : au début du film on découvre l'actuelle Joe abandonnée mal-en-point dans une rue et au fil du récit on découvre la chronologie des actions qui l'ont conduite ici. Et enfin parce que le volume 2 n'est pas une suite du volume 1 mais bien sa continuité, les deux films sont deux éléments complémentaires d'une même histoire.

          Le récit nous est conté sur un mode très intéressant : Joe s'appuie sur ce qui l'entoure pour initier les chapitres de son récit, puis Seligman fait régulièrement le parallèle entre l'élément qui l'a inspirée et l'événement qu'elle raconte. Ainsi nous avons des parallèles entre la vie d'une nymphomane qui se repent et la pêche, la religion ou encore la musique. Ces deux derniers thème ont d'ailleurs une place très importante dans les films. Concernant la religion, de manière flagrante on constate : Joe qui se diabolise quant à sa sexualité et elle rapporte avoir vu la prostituée de Babylone (et Messaline) lors de sa première jouissance : un orgasme spontané. Concernant la musique, un morceau de Rammstein au début du volume 1 pose l'ambiance d'une façon assez intense, la suite de Fibonacci décode la perte de la virginité de l'héroïne et les 3 amants principaux de cette dernière composent une polyphonie parfaite. La musique et la religion sont elles aussi interconnectées dans l'histoire, on s'en rend notamment compte avec l'emploi du Triton (accord du diable) comme hymne pour le club de nymphomanes qu'elle a fondé avec sont amie B.

          De manière un peu plus subtile, j'ai bien aimé le lien qui a été fait entre l'herbier du personnage principal et ses découvertes sexuelles. Je m'explique : le père de Joe était passionné de nature et l'emmenait souvent se promener dans la forêt pour lui conter la vie des arbres. Ces balades ont été l'occasion pour elle de concevoir un herbier, qu'elle a conservé précieusement et dont elle se sert pour évacuer son stress. Au cours des films, les morphologies des pénis qu'elle a pu rencontrer nous sont présentées en gros plans à la manière d'un herbier ; c'est captivant !

          L'histoire est quant à elle passionnante. On pénètre dans l'intimité de Joe, elle partage avec nous ses expériences, ses découvertes, ses souffrances et ses peurs. On découvre ainsi un personnage à la façade froide dont la principale préoccupation est de se vautrer dans le stupre et étancher sa soif de sexe, mais qui en réalité est torturée par la solitude qu'elle ressent de se considérer comme une marginale sexuelle. Toutefois... Comme le souligne Seligman, les oiseaux se sentent-ils coupables de voler, puisqu'on leur en a donné la possibilité...?



Mon passage préféré


          À la fin du premier volume, Joe nous explique que 3 de ses amants l'ont particulièrement marquée. En faisant le parallèle avec la musique, elle établi que ces 3 amants sont métaphoriquement les composantes d'une polyphonie. F, monotone, prévisible et rituel sait exactement que faire et où la toucher pour atteindre son but : la faire jouir. Même si isolé des autres voix il n'a pas grand intérêt, il est fondamental dans la polyphonie : c'est la basse. G agit et se déplace comme un félin, il impose ses propres règles, il la fait attendre, il la baise avec intensité, comme un animal ; c'est la 2ème voix. Et Jérôme, qu'elle retrouve par hasard, est l'ingrédient secret, c'est le Cantus Firmus de sa polyphonie. Jérôme, c'est l'amour. La composition de cette polyphonie est matérialisée par un écran coupé en trois, une partie par amant. On voit dans chaque tiers les moments forts de ces relations pendant qu'une polyphonie de Bach raisonne dans nos oreilles. Sur le premier tiers à gauche, on voit F lui manger la chatte, lui raconter une histoire alors qu'elle est assise sur ses genoux comme une enfant ou encore la laver. Sur le troisième tiers à gauche, on voit G la prendre en levrette et lui mordre le cou comme un animal. Et au milieu elle est avec Jérôme qui lui fait l'amour. Les gros plans sur leurs lèvres se dévorant mutuellement ou sur leur corps se mêlant se succèdent jusqu'à ce que le magneto de la musique se coupe net...






 

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